Comme on pouvait s’y attendre, les 24 premières heures de la Grande Course n°1, deuxième étape de la Sardinha Cup, ont été engagées pour la flotte des 33 Figaro Bénéteau 3 partis mardi à 16h20 de Saint-Gilles Croix-de-Vie. Alors que les premiers, emmenés mercredi par Leyton (Arthur Le Vaillant-Pascal Bidégorry), mènent grand train et sont attendus jeudi après-midi sur la ligne d’arrivée, plusieurs bateaux ont dû rentrer au port, victimes d’avaries diverses.

Un peu plus de 24 heures après le coup d’envoi de la deuxième étape de la Sardinha Cup à Saint-Gilles Croix-de-Vie, la tête de flotte était mercredi en fin d’après-midi quasiment revenue à la case départ, puisqu’elle évoluait cap au nord sur la route des Glénan le long de l’île d’Yeu, après un premier tour de piste qui l’avait fait passer mardi soir par la bouée SN1, au sud de Saint-Nazaire, puis mercredi au petit matin, 100 milles plus au sud par BXA, à l’entrée de l’estuaire de la Gironde.

Comme annoncé, le vent et la mer ont été au rendez-vous de ce premier jour de course copieux, mais aussi la régate, avec un petit groupe de trois qui a franchi BXA quasiment de concert après s’être échappé lors du bord de portant sous spi, et ne s’est pas lâché de la journée de mercredi, dans l’ordre Leyton (Arthur Le Vaillant-Pascal Bidégorry), Le Hub by OC Sport (Charles Caudrelier-Fabien Delahaye) et Action contre la Faim (Benjamin Schwartz-Eric Péron).  « Nous avons passé toute la nuit dernière ensemble dans le bord de portant qui était très technique, c’est là que nous avons fait une petite différence, la flotte s’est vraiment étalée à ce moment », a commenté mercredi Fabien Delahaye au moment de longer l’île d’Yeu.

Derrière, à un gros mille de Leyton mercredi après-midi, la meute était emmenée par Breizh Cola-Equi’Thé (Gildas Mahé-Morgan Lagravière), Bretagne CMB Espoir (Tom Laperche-Ronan Treussart) et Groupe Royer-Secours Populaire (Anthony Marchand-Paul Meilhat), suivis par Groupe SNEF (Xavier Macaire-Achille Nebout), Ethical Power (Conrad Colman-Sébastien Marsset), Quéguiner (Tanguy Le Turquais-Armand de Jacquelot), Région Normandie (Alexis Loison-Frédéric Duthil) et StMichel (Yann Eliès-Samantha Davies), ce dernier à 5 milles du leader.

C’est sans doute dans ce groupe de onze bateaux que se trouvera le vainqueur de cette Grande Course n°1 de 408 milles, dont l’arrivée est toujours prévue jeudi après-midi. Si le vent de nord-ouest a faibli dans la journée de mercredi, il devrait reprendre de la vigueur en fin de nuit et surtout prendre de l’ouest puis du sud-ouest, augurant d’une fin de parcours rapide au reaching jusqu’à la ligne devant Saint-Gilles Croix-de-Vie.

Une ligne que ne verront pas les tandems victimes d’avaries diverses (voiles déchirées, électronique…) lors des 24 heures premières heures de course et contraints de faire demi-tour, à savoir NF Habitat (Corentin Douguet-Corentin Horeau) et Atlantic Youth Trust (Joan Mulloy-Mike Golding), rentrés dans la nuit à Saint-Gilles Croix-de-Vie, Action Enfance (Loïck Peyron-Amélie Grassi), Niji (Gildas et Gaston Morvan) et Eclisse (Cécile Laguette-Dan Jowett), qui leur ont succédé mercredi après-midi, tandis que Ma Chance et Moi (Robin Marais-Louis Duc) a fait escale à Port-Médoc. Tous comptent en revanche bien être au départ mardi prochain de la troisième et dernière étape de la Sardinha Cup.

Paroles de marins :

Fabien Delahaye (co-skipper de Le Hub by OC Sport) : « On a commencé hier par un bord de près en allant chercher l’île d’Yeu puis SN1, avec beaucoup d’oscillations du vent à gérer, ça tapait pas mal dans du vent fort. Ensuite, nous avons eu une descente rapide au portant qui n’a pas été de tout repos, ce n’était pas simple de trouver la bonne toile et on a eu quelques mésaventures d’électronique, mais tout est rentré dans l’ordre. Là, nous sommes sur un long bord de près vers les Glénan, avec de gros grains et encore des bascules à gérer, c’est pour ça que nous sommes allés à l’intérieur vers l’île d’Yeu. Nous avons Leyton et Action Contre la Faim juste à côté de nous, nous avons passé toute la nuit dernière ensemble dans le bord de portant qui était très technique, c’est là que nous avons fait une petite différence, la flotte s’est vraiment étalée à ce moment, nous sommes contents. Et derrière, il y a un paquet de cinq-six bateaux en embuscade. Nous avons hâte d’arriver, parce qu’il fait très froid ».

Corentin Horeau (skipper de NF Habitat) : « Nous avons essuyé un grain très costaud juste avant SN1 mardi soir, le vent est monté jusqu’à 47 nœuds à l’anémomètre, on a voulu prendre un ris, la chute de la grand-voile a alors battu très fort et la grand-voile a explosé. Ce n’était pas envisageable de continuer même sous voilure réduite, car la déchirure se situe au-dessus de la bosse de deuxième ris. C’est vraiment dommage parce qu’on était sur le point de franchir SN1 dans les cinq premiers, on avait vraiment bien navigué, c’est un coup d’arrêt brutal. Maintenant, on sera au départ de la troisième étape, notre grand-voile est en train d’être réparée, on sera à Saint-Gilles en fin de semaine avec l’envie de briller sur cette dernière manche ».

Amélie Grassi (co-skipper d’Action Enfance) : « Nous avons d’abord perdu l’électronique dans un grain avant SN1, ensuite, on a envoyé le spi, mais il est passé dans l’eau, s’est enroulé autour de la quille et s’est déchiré, nous sommes repartis sous gennaker, ça se passait bien, mais il est également passé à l’eau et s’est aussi déchiré. Nous n’avions toujours plus d’électronique, donc nous nous avons décidé de rentrer. C’était complètement maniable, l’envoi de spi, c’est nous qui avons fait une erreur, et le génois, on aurait dû mieux l’assurer, c’est l’amure qui a lâché, nous ne sommes pas encore tout à fait au point dans nos manœuvres. Le programme maintenant est chargé, il faut réparer nos voiles et trouver une solution pour l’électronique avant de repartir pour la troisième étape. C’est dommage, car nous avions pris un bon départ, nous avions une bonne vitesse au près, nous avions réussi à correctement nous placer sur la remontée au vent, nous étions super contents avant de faire n’importe quoi ».

Cécile Laguette (skipper d’Eclisse) : « Le scénario n’était pas prévu comme ça. Nous avons eu la chute de la grand-voile qui s’est ouverte entre la latte 3 et 4, à environ 5 milles de la bouée SN1. Nous avons quand même fait le bord de portant, parce que la voile n’était pas chargée, c’était vraiment cool, avec des surfs à 17-19 nœuds, le bateau est très agréable à barrer dans ces conditions, nous étions sous A5 (spi asymétrique), définitivement la bonne voile sur les deux tiers du bord, tu accélères, le bateau est sur le foil, ça glisse, il est très contrôlable. Ensuite, nous avons enroulé BXA, nous avons essayé de voir si c’était possible de tenir la GV au près, mais ça ne l’était pas sous peine de voir la voile s’ouvrir en deux. C’est un peu frustrant de rentrer pour un problème de voile. Le programme maintenant, c’est de la couture. »

Gildas Morvan (skipper de Niji) : « Tout se passait bien, mais en passant la bouée BXA, nous sommes repartis au près et j’ai senti que ça bougeait dans le gréement. On a regardé, le jour se levait, et à ce moment, on a vu que la barre de flèche sortait du barreau au vent, nous avons réussi à la remettre en place, mais en allant voir sous le vent, c’était le même problème. On a réfléchi un peu et on s’est dit que si on continuait à jouer, il y avait quand même un gros risque de démâtage, ça pouvait compromettre la suite de la saison. En ce qui concerne le début de course, on a eu un petit problème de vitesse au début, on a pris notre mal en patience, à SN1, on passe derrière le gros paquet, puis sous spi, on arrive bien à glisser, on double quelques bateaux. En fin de nuit, on arrive à recoller au peloton, on se disait que tout était faisable, qu’il allait se passer des choses, avec de la route encore à faire, des grains et des bascules. Et puis, le problème est arrivé et la sagesse nous a fait rentrer au port. Maintenant, l’objectif est d’être sur la troisième étape, parce que le but en venant ici est d’apprendre, de découvrir le bateau et de le mettre au point, on va donc tout faire pour être au départ. »