Région Normandie a remporté dimanche à 7h30’10 le Vendée Warm-up, première étape de la Sardinha Cup, finalement réduite à 70 milles en raison des faibles conditions météo. Alexis Loison et Frédéric Duthil sont parvenus à coiffer sur le fil à Saint-Gilles Croix-de-Vie les locaux de Team Vendée Formation (Vincent Domand-Benjamin Dutreux), tandis que Groupe Royer (Anthony Marchand-Paul Meilhat) complète le podium.

Le premier champagne du tout nouveau Figaro Bénéteau 3 a coulé sur le pont de Région Normandie ! Au terme de 17 heures 22 minutes et 10 secondes d’une intense régate, majoritairement disputée dans le petit temps, ce qui a conduit la direction de course à en réduire le parcours (70 milles contre 137 initialement prévus), Alexis Loison et Frédéric Duthil ont en effet remporté dimanche matin à 7h30’22 le Vendée Warm-up, étape inaugurale de la Sardinha Cup (coefficient 1), première course de la saison du Championnat de France Elite de course au large.

Une victoire acquise de haute lutte par les deux compères qui, après un départ prudent samedi après-midi dans 12 nœuds de sud-sud-est, sont peu à peu montés en puissance, recollant au paquet de tête en fin d’après-midi au moment d’aborder la longue séance de louvoyage au sud de l’île d’Yeu, avant de faire le bon choix de trajectoire dans la nuit sur la route vers les Sables d’Olonne. Deuxième à la marque de Petite Barge un peu plus de cinq minutes après Team Vendée Formation (Vincent Domand-Benjamin Dutreux), Région Normandie est finalement parvenu à dépasser ce dernier en vitesse pure sur l’ultime bord retour vers Saint-Gilles Croix-de-Vie.

« Il fallait être patient et opportuniste. Nous ne sommes pas très bien partis, mais ensuite, nous n’avons fait que remonter et à la toute fin, nous avons réussi à doubler Team Vendée Formation à la régulière, nous sommes super contents de commencer comme ça », s’est réjoui au soleil levant Alexis Loison, qui dispute sur cette Sardinha Cup sa toute première course sous les couleurs normandes.

Juste derrière lui, le jeune Vincent Domand, 26 ans, s’il regrettait avoir laissé échapper la victoire à domicile de très peu pour sa toute première course sur le circuit Figaro Bénéteau (1’26 d’écart seulement entre les deux premiers), préférait retenir le positif de cette première étape : « C’est un peu rageant de se faire doubler comme ça sur le dernier bord, mais ça fait partie du jeu et nous sommes super contents du résultat, nous avons toujours été bien placés et c’était vraiment génial d’avoir fait un bord en tête pendant plusieurs heures ».

Troisième, le duo Anthony Marchand-Paul Meilhat (Groupe Royer) a également montré d’entrée qu’il faudrait compter sur lui sur cette Sardinha Cup, avec une stratégie de figariste résumée par Paul Meilhat : « Nous n’avons pas pris beaucoup de risques en termes de stratégie, mais nous avons plutôt fait de bons coups, et nous avions une bonne vitesse qui nous a permis de finir troisièmes, c’est bien ». De la vitesse, il en faudra assurément pour briller sur la prochaine étape de la Sardinha Cup, la Grande Course 1 (coefficient 3), qui s’élancera mardi à 16h, toujours de Saint-Gilles Croix-de-Vie, dans des conditions sans doute plus musclées que celles de ce Warm-up, qui aura finalement été une mise en jambes idéale avant la grande explication…

Paroles de marins :

Alexis Loison (skipper de Région Normandie, 1er) : « C’était top pour rentrer dans le bain, avec des conditions idéales pour une première manche, tordues mais pas trop, avec beaucoup de jeu, des retournements de situation, il fallait être patient et opportuniste. Nous ne sommes pas très bien partis, mais ensuite, nous n’avons fait que remonter, nous sommes souvent restés dans le paquet de tête et à la toute fin, nous avons réussi à doubler Team Vendée Formation sur le dernier bord à la régulière, nous sommes super contents de commencer comme ça. La toute première manche du Figaro Bénéteau 3 est pour nous, c’est sympa, on a maintenant hâte de recommencer sur une plus longue étape ».

Vincent Domand (skipper de Team Vendée Formation, 2e) : « Nous sommes super contents du résultat, même si nous nous sommes fait doubler sur le dernier bord. C’est un peu rageant, mais ça fait partie du jeu. On disait avant le départ que nous allions voir ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Il y a pas mal de choses qui fonctionnent, et on a vu sur le dernier bord, au débridé au près, qu’on avançait un peu moins vite que les autres, mais je trouve qu’avec Benjamin (Dutreux), nous avons bien géré les moments de crise, nous avons toujours été bien placés. C’était vraiment génial d’avoir fait un bord en tête pendant plusieurs heures ».

Paul Meilhat (co-skipper de Groupe Royer, 3e) : « Une grande première en Figaro Bénéteau 3, c’était top ! Nous avons eu des conditions de rêve au début, c’était « champagne sailing » comme disent les Anglais. Ça s’est ensuite corsé autour de l’île d’Yeu, on a vu qu’en termes de manœuvres, c’était hyper compliqué. Dans le petit temps, c’était assez drôle, tout le monde s’observait, essayait des voiles, le bateau est assez sympa, parce qu’il y a plus de voiles donc plus de jeu. Nous n’avons pas pris beaucoup de risques en termes de stratégie, mais nous avons plutôt fait de bons coups, et nous avions une bonne vitesse qui nous a permis de finir troisièmes, c’est bien ».

Tom Laperche (skipper de Bretagne CMB Espoir, 4e) : « Nous sommes partis dans du vent assez soutenu, avec un premier bord de près puis du spi au portant jusqu’à l’île d’Yeu, ensuite de la molle, du clapot, des bords à tirer à la côte, ce n’était pas très facile de faire marcher le bateau, mais on s’en est bien sortis à ce moment-là. Ensuite, le vent est tombé dans la nuit, la rotation à gauche qu’on attendait n’était pas franche du tout pour aller à Petite Barge devant les sables d’Olonne, le retour a été assez facile sur un bord à 60 du vent sous code zéro. On termine quatrièmes du Warm-up de la Sardinha Cup, c’est top, au-dessus de ce que j’espérais avant de partir, on a été dans le coup tout au long de la course, on savait qu’on avait les moyens de bien faire en vitesse et on a réussi à aller à peu près aux bons endroits ».

Gildas Mahé (skipper de Breizh Cola Equi’Thé, 5e) : « On a été occupés pendant cette grosse quinzaine d’heures, on est encore en découverte, parce que les routages et les polaires de vitesse sont encore pas mal incertains dans les petits airs. Nous, on a fait du positif, du très positif et du un peu moins positif. A final, on s’en sort bien, cinquièmes, on est contents des dernières voiles, on a eu de très bonnes phases, notamment au près dans le clapot au sud de l’île d’Yeu, on était particulièrement à l’aise, on a aussi fait de belles manœuvres, notamment l’affalage du spi qui n’était pas simple. On a en revanche un peu péché sur les choix de voile, sur l’anticipation. Globalement, je suis content, on a appris pas mal de choses et on est placés pour la suite ».

Photo : Christophe Breschi/Sardinha Cup