Le report de la troisième étape de la Sardinha Cup, annoncé samedi par Francis Le Goff, le directeur de course, a pour conséquence de prolonger l’escale à Saint-Gilles Croix-de-Vie de quelques jours. Pour les marins, la priorité est de récupérer, mais également de passer beaucoup de temps avec leurs préparateurs sur les bateaux, éprouvés par une deuxième étape musclée.

Entre une deuxième étape raccourcie et un départ de la troisième décalé, l’escale devrait durer environ une semaine pour les 68 marins engagés sur la première édition de la Sardinha Cup. Si la plupart ont fait le choix de rester à Saint-Gilles Croix-de-Vie, certains en ont profité pour s’offrir un petit break, à l’instar d’Achille Nebout (co-skipper de Groupe SNEF), parti dimanche à Pornichet assister à la dernière journée du Grand Prix Atlantique en Diam 24 encourager ses coéquipiers de Team Réseau Ixio, avec lesquels il disputera le Tour Voile 2019, ou Frédéric Duthil (co-skipper de Région Normandie), qui a choisi de… naviguer et de remporter haut la main la Sun Fast World Cup à La Trinité-sur-Mer !

D’autres, comme Sam Davies ou Nicolas Lunven, sont passés par la case maison pour profiter de leurs proches, l’une comme l’autre étant cependant revenus dimanche pour assister à la remise des prix de la deuxième étape. « Comme l’étape s’est terminée jeudi soir, je me suis permis de faire un petit break de deux jours à la maison, et me voilà de retour ce dimanche après-midi à Saint-Gilles, explique, le co-skipper d’Oman Sail 2. J’avais envie de revenir assez tôt pour ne pas rester les doigts de pied en éventail au coin du feu en attendant que ça se passe, c’est important de rester dans la dynamique de la course et de préparer la troisième étape. »

Cette préparation mobilise sur le ponton de Saint-Gilles skippers et préparateurs, au chevet de bateaux éprouvés dans les conditions musclées de la deuxième étape, avec un dossier prioritaire qui les concerne tous : le remplacement des barreaux de barres de flèches, les précédents étant apparus trop fragiles, ce qui a conduit le directeur de course, Francis Le Goff, à décaler le départ de la troisième étape. Le bal des démâtages, orchestrés de main de maître par Jean-François Bret, le grutier de Port-la-Vie, a ainsi débuté dimanche après-midi et va se poursuivre jusqu’à mardi. « C’est un dossier qui demande un peu de boulot, mais ce n’est pas le seul, on a aussi quelques voiles en voilerie, des bouts en réparation, si bien que cette escale va passer vite », commente le vainqueur de la deuxième étape et leader au général, Erwan Tabarly, élevé dimanche avec son coéquipier Pierre Leboucher, skipper de Guyot Environnement, au rang de « grand sardinier d’honneur » par la Confrérie de la sardine de Saint-Gilles Croix-de-Vie.

« L’escale est plus longue que prévu, mais ce n’est pas plus mal, le Figaro Bénéteau 3 reste un bateau neuf sur lequel on a beaucoup de travail, surtout après l’étape assez rude de la semaine dernière », ajoute Pierre Quiroga (Skipper Macif 2019), tandis que pour l’Irlandais Damian Foxall, co-skipper de Smurfit Kappa, « la préparation technique est une grosse partie de notre sport, le fait qu’il y ait une nouvelle flotte donne forcément plus de travail ». Et ce n’est pas parce que les bateaux sont immobilisés que les marins ne travaillent pas, loin s’en faut. « La grosse échéance qu’est la Solitaire du Figaro arrive bientôt, donc j’en profite pour m’avancer : je refais des marques, je valide certains choix techniques, je passe le bateau en revue en permanence, je cherche des solutions, ça occupe toutes nos journées, même le dimanche », sourit Alexis Loison (Région Normandie). « On est sur le ponton, on regarde les bateaux des autres, on pose beaucoup de questions à tout le monde », explique de son côté Arthur Le Vaillant (Leyton). « On affine les polaires et les choix de voiles, on analyse ce qu’ont fait les autres pour ne pas se tromper sur la prochaine étape », enchaîne Benjamin Schwartz (Action Contre la Faim), tandis qu’Alan Roberts, co-skipper de Charal ajoute : « C’est important de regarder les trackers des précédentes étapes, on passe beaucoup de temps à noter tout ce que nous avons fait, quelles voiles marchent bien et comment on règle le bateau dans telles conditions ».

Si les bateaux prennent une grande partie du temps des skippers entre les deux étapes, ils n’oublient pas de s’occuper d’eux-mêmes, la récupération étant primordiale, surtout au sortir d’une étape éprouvante physiquement. « Je fais encore de grosses nuits », confirme ainsi Alexis Loison, tandis que Sam Davies (StMichel) confie avoir mis eu du mal à récupérer au niveau sommeil mais aussi avoir passé du temps « les mains dans la glace » pour les faire dégonfler. Bien dormir est indispensable, tout comme l’est une bonne séance d’ostéopathie. Certains ont fait appel aux spécialistes qu’ils consultent habituellement, d’autres sont passés dimanche entre les mains de cinq étudiants de l’école d’ostéopathie de Rennes, mis à leur disposition par l’organisation de la Sardinha Cup. « Je suis tombé dans le bateau sur la deuxième étape, ma clavicule et des vertèbres ont bougé, la séance d’ostéo a permis de remettre tout ça en place », confie Benjamin Schwartz. « C’est très bien, parce que les organismes ont été sollicités ; en plus de ça, j’essaie aussi de faire des étirements et du gainage, parce que la souplesse nous manque cruellement sur les bateaux », note de son côté Nicolas Lunven, relayé par Damian Foxall : « Quand on arrive, on leur décrit ce qui va, pas grand-chose en fait, et on leur demande de traiter le reste ! Après une telle étape, on a mal partout, parce que le bateau est exigeant et pas très confortable, on est accroupi tout le temps et il faut être à fond. »

Récupération va de pair avec entretien physique, rares sont ceux qui ne font pas un peu de sport entre deux étapes, souvent en groupe. « Ça faisait un moment qu’on ne s’était pas croisés tous ensemble sur les pontons, donc on en profite pour partager des moments entre nous, on se fait un footing ou une partie de squash, on va aussi essayer aussi de se faire un foot, c’est aussi l’occasion de discuter des petites astuces des uns et des autres », explique Pierre Quiroga. « Il y a une très belle piscine à Saint-Gilles, on en profite », ajoute Sébastien Marsset, qui conclut, à côté de son petit garçon de 15 mois qui gambade dans le cockpit d’Ethical Power : « Mine de rien, la Sardinha Cup est épreuve qui dure quasiment trois semaines, donc dès qu’on le peut, on passe du temps en famille ».