Le départ du Vendée Warm-up, première des trois étapes de la Sardinha Cup, a été donné samedi à 14h08 à Saint-Gilles Croix-de-Vie dans des conditions idéales, qui ont permis aux 34 tandems d’offrir un très beau spectacle sur l’eau. Groupe SNEF (Xavier Macaire-Achille Nebout) a achevé en tête le parcours côtier inaugural de 6 milles, un aller-retour entre Saint-Gilles et Brétignolles-sur-Mer, mais vu les conditions mollissantes annoncées, tout semble possible d’ici l’arrivée dimanche au terme de 24 heures de course.

Grand soleil, bonne brise de sud-sud-est d’une douzaine de nœuds, le Figaro Bénéteau 3 a vécu un baptême en fanfare ce samedi à l’occasion du départ du Vendée Warm-up, coup d’envoi de la Sardinha Cup au Pays de Saint-Gilles Croix de Vie. Tribord amure, les 34 tandems se sont élancés parfaitement alignés, avec d’entrée de jeu, deux stratégies : à droite toute pour une partie de la flotte, à gauche le long de la Grande Plage de Saint-Gilles pour les autres. Et ce sont ces derniers qui ont eu raison, puisqu’à la bouée de dégagement située devant Brétignolles-sur-Mer, les Irlandais de Smurfit Kappa (Tom Dolan-Damian Foxall) pointaient en tête, talonnés par Groupe SNEF (Xavier Macaire-Achille Nebout) et Charal (Jérémie Beyou-Alan Roberts).

Une fois enroulée la marque, les 34 monotypes déployaient leur spi pour retourner vers Saint-Gilles, et c’est Groupe SNEF, « à domicile » (Xavier Macaire s’entraîne à l’année au sein du Team Vendée Formation), qui achevait en tête ce parcours côtier de 6 milles au pied de la cardinale de Pilours, devant Charal, Smurfit Kappa, Guyot Environnement (Pierre Leboucher-Erwan Tabarly), Niji (Gildas et Gaston Morvan), Région Normandie (Alexis Loison-Frédéric Duthil), Skipper Macif 2019 (Pierre Quiroga-Yoann Richomme), Bretagne CMB Espoir (Tom Laperche-Ronan Treussart), Skipper Macif 2017 (Martin Le Pape-Charlie Dalin) et Quéguiner (Tanguy Le Turquais-Armand de Jacquelot).

Il était alors temps de mettre le cap vers l’île d’Yeu, toujours dans une bonne brise, appelée cependant à ne pas durer, puisque les conditions s’annonçaient de plus en plus mollissantes au fur et à mesure de l’après-midi, laissant augurer une réduction de parcours (initialement, celui-ci est de 147 milles). Dans ces conditions, chacun s’attendait à une nuit de tous les dangers. « Je ne pense pas qu’on va beaucoup dormir parce que ça va partir dans tous les sens. On a une petite idée de la stratégie à suivre, mais je pense qu’il faudra surtout être opportuniste, être attentif à l’AIS pour surveiller nos concurrents et bien se placer par rapport à la flotte », expliquait avant de quitter le ponton Clarisse Crémer, co-skipper d’Erwan Le Draoulec sur Emile Henry.

Même analyse pour Eric Péron, co-skipper de Will Harris sur Hive Energy : « Ce Warm-up s’apparente à un petit côtier. Il ne faudra rien lâcher, jouer les petits coups, c’est une bonne mise en jambes, on va être à fond pendant 24 heures, ça va plus jouer tactiquement que stratégiquement, car il y a peu de chances que la flotte s’étale beaucoup, ça va être du corps à corps ». Une vraie régate au contact telle qu’en raffolent les Figaristes et qui sera sans doute le lot quotidien de ces deux semaines de Sardinha Cup, première course du Championnat de France Elite de course au large. Arrivée attendue de ce Warm-up dimanche à la mi-journée, sous réserves des conditions météo.

Paroles de marins :

Pierre Leboucher (skipper de Guyot Environnement) : « Après un départ de course assez sympa, je m’attends à ce que ça devienne la loterie à partir de la tombée de la nuit, ça risque d’être un peu la foire, ça va être sympa. Ça ne servira pas à grand-chose d’aller dormir, on a le temps de récupérer derrière, il faut être à fond sur cette étape ».

Nicolas Lunven (co-skipper de Oman Sail) : « On peut s’attendre à pleines choses sur ce Warm-up, on est sur des bateaux neufs dont on connaît encore assez mal l’exploitation et avec des conditions de vent assez erratiques, puisque ça devrait être poussif dès samedi soir et toute la nuit. On va être bien occupés, mais ce n’est pas plus mal de partir dans ces conditions, ça permet d’être un peu plus serein et de ne pas stresser sur une quelconque casse matérielle. C’est une mise en jambes idéale, mais qui ne va pas être si tranquille que ça, car le petit temps, ça veut dire des heures et des heures rivé à la barre à essayer d’exploiter le moindre souffle de vent ».

Tom Dolan (skipper de Smurfit Kappa) : « Je m’attends à un Warm-up un peu calme, méditerranéen, avec du soleil et du café à bloc pour rester lucide. Un bon départ sera important, mais il faudra surtout aller aux bons endroits, parce que le vent va mollir au fur et à mesure que nous allons gagner le large, les premiers vont buter dans la molle, on ne va pas beaucoup dormir. Avec Damian, on a envie de se régaler, mais aussi de gagner ! »

Benjamin Schwartz (skipper de Action Contre la Faim) : « Je suis impatient de débuter cette première course, c’est la découverte du circuit pour moi, mais aussi la découverte de notre niveau par rapport à notre préparation. Ça va être une étape de petit temps, à la fois tactique et aléatoire, il faudra essayer d’être sur une trajectoire très tendue pour réduire la distance au but et du coup réduire les risques ».

Fabien Delahaye (co-skipper de Le Hub by OC Sport) : « Cette étape très courte nous promet du vent au départ, mais dès l’île d’Yeu, ça va complètement tomber et ça va être compliqué de progresser dans les zones de petit temps. Sur un tel format court, on n’a pas le temps d’être fatigué, donc on va être à fond tout le temps. Ce ne sont pas des conditions difficiles pour naviguer mais nerveusement, avec 33 bateaux autour de soi, ça peut être compliqué à gérer ».

Benjamin Dutreux (co-skipper de Team Vendée Formation) : « On peut s’attendre à un Vendée Warm-up excitant, parce que tous les marins ont hâte de voir où ils en sont les uns par rapport aux autres. Les conditions de vent vont être sympas au début et nerveuses par la suite, parce que mollissantes. Un format de 24 heures comme ça, c’est à fond tout le temps, il ne faut pas calculer, on ne va pas forcément beaucoup manœuvrer, ça sera surtout une guerre des nerfs pour prendre l’ascendant par rapport aux autres concurrents ».