Le départ du Trophée Naomis, première étape de la Sardinha Cup (300 milles), a été donné mercredi à 16h08 à Saint Gilles Croix de Vie. Après avoir contourné la bouée Vendée, les 21 tandems en lice ont mis le cap au sud vers Arcachon, avec une première nuit qui s’annonce rapide, stratégique et… froide !

10-12 nœuds de vent de nord-ouest, grand soleil et mer plate, la météo vendéenne a revêtu ses plus beaux atours pour accompagner ce mercredi le coup d’envoi du Trophée Naomis, première des deux étapes de la Sardinha Cup 2021. Sous génois, les 21 Figaro Beneteau ont été libérés par le comité de course à 16h08, cap sur la première marque de passage, la bouée Vendée, franchie en tête après une petite demi-heure par Macif (Pierre Quiroga/Erwan Le Draoulec) devant Team SNEF (Xavier Macaire/Morgan Lagravière), Bretagne CMB Espoir (Gaston Morvan/Ronan Treussart), Team Vendée Formation (Charlotte Yven/Pierre Daniellot) et Région Normandie (Alexis Loison/Guillaume Pirouelle).

Compacte, la flotte a ensuite mis le cap, sous spi, plein sud vers Arcachon pour un premier bord de 130 milles qui fera la part belle à la vitesse, mais pas uniquement, à en croire plusieurs favoris de la Sardinha Cup. « Il n’y a pas de grandes options stratégiques, mais on peut avoir des surprises assez importantes sur des petites différences de positionnement, qui pourront avoir leur importance sur le classement final », résume Xavier Macaire, troisième de l’épreuve il y a deux ans et encore candidat au podium.

« Ça devrait être une course de vitesse car les deux tronçons aller-retour jusqu’à Arcachon sont tout droits, mais avec quand même un peu de subtilité, il y a des pièges dans lesquels on peut facilement tomber », estime quant à lui Tanguy Le Turquais, associé à Corentin Douguet sur Quéguiner-Innoveo. Pierre Quiroga ajoute : « C’est une étape où ça va plutôt se décider en début de course avec un empannage à caler avant minuit. Pour moi, c’est le moment important de la course : il faudra choisir entre aller au large ou à l’intérieur, les deux options comportent des risques. A mon avis, ceux qui seront derrière à Arcachon auront du mal à revenir, parce qu’il y aura toujours un peu plus de vent devant, d’où l’importance de bien négocier ce début d’étape. »

Même analyse de la part du Cherbourgeois Alexis Loison : « Il va y avoir du jeu, on s’attend à la fois à une course de vitesse et de stratégie, bref une course de Figaro ! Dès le début, on va avoir le choix entre aller au large ou à terre, c’est un schéma qu’on a déjà vécu sur la Sardinha Cup il y a deux ans. Ensuite, il faudra aller vite vers Arcachon. Sur ce bateau, au reaching (vent de travers) sous gennaker (grande voile d’avant), on a vite fait de créer des écarts. »

Dans ces conditions, les duos les plus entraînés et/ou les plus expérimentés sur le monotype des chantiers Beneteau auront sans doute l’avantage, ce que concède Christian Ponthieu, co-skipper de Robin Marais sur Ma chance Moi aussi : « Sur ce gros bord de vitesse, on risque de retrouver les ténors de la classe assez vite devant. » Reste que l’intéressé estime que rien ne sera joué pour autant à l’issue de l’aller-retour entre le Pays de Saint-Gilles et Arcachon, le finish autour de l’île d’Yeu vendredi matin, sans doute dans du petit temps, pouvant réserver son lot de surprises : « Ce tour peut être une bonne prise de tête, car c’est une île assez haute avec des dévents assez marqués. »

« Le tour de l’île d’Yeu dans de la molle sera à mon avis déterminant pour le classement final », pronostique quant à lui Marc Mallaret, qui dispute sa première course en double en Figaro Beneteau 3 avec Sébastien Marsset (Mercy ship.org). D’ici là, le Sudiste redoute une chose : le froid, qui devrait saisir la flotte mercredi soir, dès le soleil couché : « Le cache-cou, le bonnet, les épaisseurs de polaires, j’ai tout pris ! Et on a de quoi se faire des thés et cafés », sourit-il.

« On n’a pas lésiné sur le poids des habits qu’on embarque, on a pris tout ce qu’on a de chaud », ajoute Estelle Greck, qui débute également en double avec Laurent Givry (Rêvons Long Cours). A chacun sa technique pour combattre le froid : « La mienne, c’est que j’habite en Normandie », sourit Alexis Loison, tandis que Charlotte Yven affirme à qui veut la croire avoir « installé une cheminée à bord ». Tanguy Le Turquais conclut : « Le meilleur moyen, c’est de s’activer, de manœuvrer beaucoup, et de toute façon, ça ne sera pas pire qu’il y a deux ans où on avait tous été cueillis d’entrée par le froid. C’était la première course du bateau, depuis, on a trouvé des petites stratégies, ça devrait mieux se passer. » Et ne durer que la première nuit…

Le bateau des marcheurs est parti !

Le 22e concurrent de la Sardinha Cup a également pris le départ ce mercredi du Trophée Naomis, il s’agit du bateau des marcheurs que toutes les équipes qui se sont inscrites jusqu’à mardi soir sur l’application Kipplin font avancer grâce à un moyen très simple : la marche à pied ! Ce jeu, qui permet de contribuer à la lutte contre la sédentarité au travail, a été adopté par plusieurs centaines de participants répartis en équipes de cinq, celle qui aura effectué le plus de pas jusqu’à la fin de la deuxième étape remportera à sa façon la Sardinha Cup. La totalité des équipes fait par ailleurs avancer le bateau des marcheurs sur la cartographie officielle de la course.

Le pointage à la bouée Vendée :

  1. Macif (Pierre Quiroga/Erwan Le Draoulec)
  2. Team SNEF (Xavier Macaire/Morgan Lagravière)
  3. Bretagne CMB Espoir (Gaston Morvan/Ronan Treussart)
  4. Team Vendée Formation (Charlotte Yven/Pierre Daniellot)
  5. Région Normandie (Alexis Loison/Guillaume Pirouelle)
  6. Charente Maritime (Alexis Thomas/Robin Follin)
  7. Primeo Energie-Amarris (Achille Nebout/Ambrogio Beccaria)
  8. Génération Sénioriales (Benoît Mariette/Antoine Lauriot-Prévost)
  9. G-Alok (David Paul/Damien Cloarec)
  10. Quéguiner-Innoveo (Tanguy Le Turquais/Corentin Douguet)