Quatrième de la deuxième étape de la Sardinha Cup et deuxième au général, Yann Eliès, associé à Sam Davies sur StMichel, revient sur le début de course.

Quel est ton avis après l’annonce faite samedi par Francis Le Goff du report du départ de la troisième étape ?
C’est une décision raisonnable, c’était important d’avoir pu se poser samedi et de discuter entre nous pour définir une stratégie en vue de la suite du programme, de la Sardinha Cup, mais aussi de la suite de la saison, car la Solitaire du Figaro arrive vite. Il a voulu préserver les intérêts des coureurs et de la course. On va tout faire pour bien finir cette Sardinha Cup, j’aimerais bien qu’on arrive à faire une dernière course de 48 heures.

As-tu récupéré de la deuxième étape ?
J’ai mis du temps à retrouver mes esprits, parce que le corps a passé énormément de temps à combattre la vie à bord et les conditions vraiment dures qu’on a eues, de mer et surtout de froid, ça a pesé dans la balance. J’étais vraiment fatigué à l’arrivée et dans la nuit de vendredi, je n’ai pas bien dormi. Mais j’ai pu faire une sieste et aujourd’hui (dimanche), ça va mieux.

Cette étape était vraiment physique ?
Oui, on s’est vraiment battus. Avec Sam, on a eu l’impression d’avoir bien géré notre rythme jusqu’à la Jument (aux Glénan), il a ensuite fallu lâcher les chevaux sur le dernier bord, c’est là qu’on s’est vraiment fait mal. Mais ça valait le coup puisqu’on finit quatrièmes, ce qui nous permet de rester dans le coup au général avant la dernière étape sur laquelle il y a un bel enjeu sportif à relever.

A quoi occupes-tu ton temps jusqu’au départ de la prochaine étape ?
D’abord, on essaie de mener de front la résolution des problèmes techniques sur le bateau, ces histoires de barres de flèches nous pompent quand même pas mal d’énergie. Sinon, je vais essayer d’aller chez le kiné, je fais des siestes et je passe du temps en famille, parce que ma femme et ma fille m’ont rejoint à Saint-Gilles.

Vous êtes deuxièmes au classement général de la Sardinha Cup, l’objectif, c’est la victoire ?
C’est sûr qu’on se dit qu’on peut gagner, mais c’est extrêmement serré entre ceux de devant et ceux de derrière et si la dernière étape est aussi coefficient 3, ça peut aller vite dans un sens ou dans l’autre, on peut très bien ne terminer que dans les cinq ou dans les dix. Mais notre philosophie, c’est de se dire que jusqu’à présent, on s’est bien amusés, donc on va essayer de rester dans ce registre-là, de la complémentarité et de la complicité avec Sam, et je pense que ça devrait passer.

Que t’apporte Sam ?
C’est comme de l’huile dans un rouage. Elle est là pour que ce soit fluide pour moi, qu’il y ait une bonne ambiance et qu’on soit à même de prendre les bonnes décisions. Elle joue un rôle de catalyseur dans l’équipage, elle apporte de la fraîcheur, c’est une fille qui est tout le temps de bonne humeur. Et je pense que c’est la meilleure marin de course au large au monde en ce moment. Il y a aussi Justine Mettraux, Carolijn Brouwer, Marie Riou, mais Sam a un gros background, elle est là depuis vingt ans quand même, c’est vraiment un plaisir de naviguer avec elle.